L’épisode #4 du podcast Le Cercle coproduit entre la startup Ceercle et le collectif Mu’ethik accueille Géraldine Walter, fondatrice de RDV au Potager depuis 2017. Sa passion pour les plantes et le jardinage lui a été transmise par ses grands-parents dès son plus jeune âge lors de nombreuses balades dans les montagnes. Aujourd’hui, Géraldine nous partage son goût pour la nature et son engagement pour des villes plus vertes.

De formation ingénieure à l’ECAM Lyon, Géraldine a d’abord travaillé chez BioMérieux pendant 8 ans avant de créer RDV au potager, une entreprise de conception, réalisation et animation de potagers collaboratifs en entreprise et diverses structures en région lyonnaise. Elle est également membre active du conseil d’administration de la Maison de l’Agriculture Urbaine à Lyon depuis 2020, une structure qui a pour objectif de faire du lien entre les acteurs locaux afin qu’ils travaillent ensemble pour

promouvoir l’agriculture urbaine durable dans la Métropole. Plus précisément, la mission de Géraldine est de restructurer cette maison et de la faire connaître « car j’aurais aimé avoir une structure comme ça quand je me suis lancée », déclare-t-elle.

Tout savoir sur le jardinage en ville

L’agriculture urbaine rassemble deux mots contraires : agriculture, les champs ; et urbain, la ville. Son objectif est donc de « rapprocher les citoyens de l’agriculture », précise Géraldine.

Le jardinage en ville peut se faire de deux manières : en hors-sol ou en pleine terre, selon l’état de pollution du sol. Si l’état du sol le permet, il est préférable d’opter pour la pleine terre qui est plus économique, plus résistante en été et plus favorable à la biodiversité et à la végétalisation des espaces. Le choix s’effectue donc de la sorte :

 

1. Le sol est-il en pleine terre ou imperméabilisé (balcon, terrasse) ?

S’il est imperméabilisé, la culture hors-sol s’impose.

 

2. Le sol en pleine terre est-il cultivable ou pollué (notamment en milieu urbain) ?

S’il est pollué, on opte pour la culture hors-sol ou pour sa dépollution si son état le permet. Par exemple, l’entreprise Biomede effectue des diagnostics de sols : s’il est propice à la plantation de plantes comestibles, ils vont alors dépolluer le sol grâce à des solutions de phytoremédiation avec des plantes. « Quand on a un sol pollué, pleins de solutions existent », nous explique Géraldine.

Selon elle, « la fonction de l’arbre dans la ville est très importante », et permet d’apporter du bien-être à la population et de diminuer les fortes températures en amenant de la fraîcheur.

On assiste à un engouement des citadins qui souhaitent se rapprocher du monde agricole et réapprendre comment les choses poussent. Cependant certains freins peuvent apparaître : ils ne savent pas par où commencer, ils se posent beaucoup de questions et ils peuvent facilement être démoralisés. Il y a donc ici un véritable enjeu pédagogique pour accompagner les citadins dans leur transition écologique. « Cela fait partie de l’éducation, dès tout petit, apprendre à jardiner devrait être dans les programmes scolaires » précise Géraldine, d’où l’implication de RDV au potager dès la petite enfance.

En effet, l’agriculture urbaine a de nombreux bienfaits. Premièrement, des études scientifiques démontrent que mettre les mains dans la terre et se rapprocher du cycle de la nature apporte du bien-être, de l’émerveillement et nous oblige à ralentir dans ce monde où on a tendance à faire les choses beaucoup trop vite. En effet, la nature a elle un cycle immuable qu’on ne peut accélérer.

Au sein de la Métropole lyonnaise, Géraldine perçoit de nombreuses opportunités d’agriculture urbaine pour végétaliser la ville et permettre à chacun d’accéder à une alimentation plus saine, de saison et locale. Il reste pour autant un véritable enjeu pédagogique pour faire prendre conscience aux gens de favoriser les circuits courts et de retrouver ce lien perdu avec les agriculteurs. Pour cela, il existe déjà de nombreux acteurs dans le domaine : les bureaux d’études de projets d’agriculture urbaine, des maraîchers urbains tels que Philippe Zerr, la ferme du 8ème Cèdre à Lyon 8, la Ferme de l’Abbé Rozier à Écully, Le Passe Jardins, ou encore des structures de mise en place de potagers collaboratifs à fonction pédagogique comme RDV au potager. L’objectif de la Maison de l’Agriculture Urbaine est donc de permettre à plusieurs de ces acteurs complémentaires de travailler sur des projets communs. 

 

On se dit RDV… au potager ?

La jeune entreprise lyonnaise accompagne des structures privées ou publiques – entreprises, petites enfances, maisons de retraite – pour la création, l’animation et l’entretien d’un potager collaboratif au sein de la structure. Chaque potager est unique. En fonction des besoins, la forme des potagers est adaptable : des plus larges pour les petites mains des enfants à ceux surélevés et ergonomiques en maisons de retraite.

Bien que ce soit généralement Géraldine qui démarche des structures potentiellement intéressées, certaines d’entre elles contactent directement RDV au potager pour découvrir son activité. Parmi elles, on note les salariés de la Compagnie Nationale du Rhône en compagnie du Réseau Fève, le réseau qui accompagne ces derniers dans des actions écologiques, sociales et solidaires.

Une fois le premier contact pris, RDV au potager fait une visite du site pour choisir l’emplacement et le type de culture (pleine terre, hors-sol, mix des deux). Ensuite, il recueille les besoins avant de débuter les ateliers collaboratifs avec les salariés. Les clients sont toujours accompagnés dans l’entretien de leur potager, et deviennent de plus en plus autonomes au fil des années.

Aujourd’hui, RDV au potager pilote 15 projets et s’est associé depuis peu avec Aurore Fouchier, une pépiniériste d’arbres fruitiers. À l’avenir, son objectif est alors de cibler un public plus fragile qui n’a pas la possibilité d’avoir ce type d’activités à portée de main. Par exemple, Géraldine aimerait introduire le projet dans des programmes d’éducation thérapeutique. Cependant, RDV au potager doit faire face à quelques freins tels que la pollution des sols et des coûts importants en termes de temps, d’argent et de compétences.

En créant RDV au potager, l’objectif de Géraldine était de donner envie. Bien plus qu’une activité de passe-temps, le jardinage peut également être un métier. Pour se lancer dans ce domaine, Géraldine conseille de mettre les mains dans la terre, s’intéresser et comprendre le vivant et surtout : y aller et ne pas trop se poser de questions !

🎙 Écouter le podcast : Bien-être au travail : Et si vous optiez pour des potagers d’entreprise ? avec Géraldine Walter