Le maraîchage urbain avec Philippe Zerr

Un maraîcher urbain, un objectif : « Montrer qu’on peut vivre du maraîchage sur des espaces urbains restreints. L’objectif est de montrer que la ville pourrait être massivement végétalisée sans avoir besoin d’apports financiers extérieurs comme un espace vert. Un espace maraîcher peut être durable économiquement avec le seul travail du maraîcher. J’ai envie de convaincre les promoteurs et les urbains qui veulent se reconvertir que c’est possible. » 

Après une carrière dans le conseil et la communication, Philippe Zerr décide de retourner sur les bancs de l’école pour se reconvertir en maraîcher urbain en 2014.

Philippe, pourquoi le maraîchage ? 🎙

"J’étais dans la com’ et donc dans l’artistique. J’avais envie de trouver un boulot sur lequel je n'avais pas trop de doutes sur l’intérêt des fruits de mon travail. Mon dernier gros projet artistique s’est mal fini et je savais que je voulais faire autre chose."

"L’idée du maraîchage est venue parce que j’avais envie de cultiver sur les toits, déjà parce que j’avais essayé de cultiver sur mon balcon, comme plein d’urbains et que je galérais avec l’ensoleillement, et je voyais toutes ces toitures plates par ma fenêtre. Cela a un peu piqué ma curiosité. Je me disais, pourquoi ne cultive-t-on pas sur les toits ?

"Et n’ayant pas de réponse qui me satisfaisait, je me suis embrigadé là-dedans et j’ai démarré en 2016 une recherche sur ce secteur et tout s’est ensuite enchaîné avec le projet de Marmite urbaine sur le toit de Groupama ".

Cultiver dans des micro-fermes urbaines

En mai 2017 l’association Marmite urbaine lui confie l’exploitation de l’activité maraîchère du toit du siège social de Groupama dans le cadre d’un projet pilote qui avait pour vocation la démonstration de la viabilité d’une micro-ferme urbaine.

Cet espace lui a permis de développer son expertise et son intérêt pour le secteur. Un an plus tard, c’est sur une micro-parcelle péri-urbaine de 36 m² qu’il se lance le défi de mettre en pratique des techniques innovantes de maraîchage urbain sur les modèles de production bio-intensifs.

Depuis 2020 avec son associé, ils cultivent une parcelle de 600 m² en plein cœur d’une copropriété du quartier des Etats-Unis à Lyon. Ce projet co-porté par le bailleur GrandLyon Habitat et l’entreprise coopérative Place au Terreau et intitulé le 8ème cèdre, défend des valeurs d’inclusion sociale et d’accessibilité physique et économique à des produits frais et de qualité. 

En cours de certification sur ce projet, Philippe nous explique dans ce podcast les rudiments de sa méthode de production en plein cœur de Lyon ainsi que les circuits de distribution de ses produits. En parallèle Philippe anime une commission au sein de la Maison de l’Agriculture Urbaine Lyonnaise pour rencontrer des porteurs de projets en quête d’expérience ou en recherche de foncier. 

Avec le maraîchage, Philippe semble renouer avec ses premières amours que sont la communication et le conseil. Il nous confie « Dans le maraîchage, d’un point de vue artistique, tout est très simple, c’est produire de la nourriture. C’est facile de communiquer et d’échanger sur ce que je fais car cela a du sens pour tout le monde, à la fois tous les âges et toutes les cultures. La nourriture, c’est universel. C’est quelque chose qui fait du bien après une carrière dans l’artistique dans laquelle on est toujours obligés de justifier ce que l’on fait et pourquoi on le fait. »

Les bienfaits de l'agriculture urbaine

La transversalité de son parcours et de ses visions sur les enjeux de l’agriculture urbaine lui permet aujourd’hui d’avoir une expertise de terrain auprès d’acteurs de l’agriculture urbaine et du foncier, publics et privés. En démontrant qu’une alternative viable économiquement et écologiquement est possible, Philippe répond à de nombreuses questions que les fabricants de la ville de demain se posent : quel modèle économique pour l’agriculteur urbain ? Quelles productions ? Quel contrat avec l’exploitant ? Et enfin que faire des sols dégradés ? 

D’un point de vue social et culturel, l’impact du projet de Philippe n’est pas anodin non plus. En s’implantant au cœur de quartiers prioritaires, il sensibilise également aux enjeux de la végétalisation de la ville dans le cadre de vie des citadins. 

D’un point de vue environnemental, le rôle d’un potager urbain en ville est souvent insoupçonné. Et pourtant, pour une métropole comme Lyon, la désartificialisation des parcelles permet la réduction de l’effet d’îlots de chaleur constatés dans plusieurs endroits de la métropole. Cela permet également de lutter contre l’imperméabilisation des sols et favorise la réintroduction de la biodiversité.

Enfin, la micro-ferme des Etats-Unis c’est aussi et surtout une opportunité de consommer ultra-frais et ultra-local à des prix accessibles du champ à l’assiette en plein cœur du quartier prioritaire. 

Vous l’avez écouté, il vous a séduit ?!

Nous, oui ! Et il nous a ouvert l’appétit en nous promettant des mini-fenouils, du mesclun, des choux Pak-Choï, des radis, des courgettes …

A propos : Pour rencontrer Philippe sur son marché et lui acheter des produits issus de sa production allez le voir à son cabanon le mardi soir entre 16h et 18h au 298 avenue Berthelot (au pied des résidences Eugène-André et Cazeneuve), vous y trouverez sans aucun doute votre bonheur ! 

🎙 Écouter le podcast : #5 Philippe Zerr, agriculteur urbain de la micro-ferme des Etats Unis 👨‍🌾


Les potagers d’entreprise avec Géraldine Walter

L’épisode #4 du podcast Le Cercle coproduit entre la startup Ceercle et le collectif Mu’ethik accueille Géraldine Walter, fondatrice de RDV au Potager depuis 2017. Sa passion pour les plantes et le jardinage lui a été transmise par ses grands-parents dès son plus jeune âge lors de nombreuses balades dans les montagnes. Aujourd’hui, Géraldine nous partage son goût pour la nature et son engagement pour des villes plus vertes.

De formation ingénieure à l’ECAM Lyon, Géraldine a d’abord travaillé chez BioMérieux pendant 8 ans avant de créer RDV au potager, une entreprise de conception, réalisation et animation de potagers collaboratifs en entreprise et diverses structures en région lyonnaise. Elle est également membre active du conseil d’administration de la Maison de l'Agriculture Urbaine à Lyon depuis 2020, une structure qui a pour objectif de faire du lien entre les acteurs locaux afin qu’ils travaillent ensemble pour

promouvoir l’agriculture urbaine durable dans la Métropole. Plus précisément, la mission de Géraldine est de restructurer cette maison et de la faire connaître « car j’aurais aimé avoir une structure comme ça quand je me suis lancée », déclare-t-elle.

Tout savoir sur le jardinage en ville

L’agriculture urbaine rassemble deux mots contraires : agriculture, les champs ; et urbain, la ville. Son objectif est donc de « rapprocher les citoyens de l’agriculture », précise Géraldine.

Le jardinage en ville peut se faire de deux manières : en hors-sol ou en pleine terre, selon l’état de pollution du sol. Si l’état du sol le permet, il est préférable d’opter pour la pleine terre qui est plus économique, plus résistante en été et plus favorable à la biodiversité et à la végétalisation des espaces. Le choix s’effectue donc de la sorte :

 

1. Le sol est-il en pleine terre ou imperméabilisé (balcon, terrasse) ?

S’il est imperméabilisé, la culture hors-sol s’impose.

 

2. Le sol en pleine terre est-il cultivable ou pollué (notamment en milieu urbain) ?

S’il est pollué, on opte pour la culture hors-sol ou pour sa dépollution si son état le permet. Par exemple, l’entreprise Biomede effectue des diagnostics de sols : s’il est propice à la plantation de plantes comestibles, ils vont alors dépolluer le sol grâce à des solutions de phytoremédiation avec des plantes. « Quand on a un sol pollué, pleins de solutions existent », nous explique Géraldine.

Selon elle, « la fonction de l’arbre dans la ville est très importante », et permet d’apporter du bien-être à la population et de diminuer les fortes températures en amenant de la fraîcheur.

On assiste à un engouement des citadins qui souhaitent se rapprocher du monde agricole et réapprendre comment les choses poussent. Cependant certains freins peuvent apparaître : ils ne savent pas par où commencer, ils se posent beaucoup de questions et ils peuvent facilement être démoralisés. Il y a donc ici un véritable enjeu pédagogique pour accompagner les citadins dans leur transition écologique. « Cela fait partie de l’éducation, dès tout petit, apprendre à jardiner devrait être dans les programmes scolaires » précise Géraldine, d’où l’implication de RDV au potager dès la petite enfance.

En effet, l’agriculture urbaine a de nombreux bienfaits. Premièrement, des études scientifiques démontrent que mettre les mains dans la terre et se rapprocher du cycle de la nature apporte du bien-être, de l’émerveillement et nous oblige à ralentir dans ce monde où on a tendance à faire les choses beaucoup trop vite. En effet, la nature a elle un cycle immuable qu’on ne peut accélérer.

Au sein de la Métropole lyonnaise, Géraldine perçoit de nombreuses opportunités d’agriculture urbaine pour végétaliser la ville et permettre à chacun d’accéder à une alimentation plus saine, de saison et locale. Il reste pour autant un véritable enjeu pédagogique pour faire prendre conscience aux gens de favoriser les circuits courts et de retrouver ce lien perdu avec les agriculteurs. Pour cela, il existe déjà de nombreux acteurs dans le domaine : les bureaux d’études de projets d’agriculture urbaine, des maraîchers urbains tels que Philippe Zerr, la ferme du 8ème Cèdre à Lyon 8, la Ferme de l’Abbé Rozier à Écully, Le Passe Jardins, ou encore des structures de mise en place de potagers collaboratifs à fonction pédagogique comme RDV au potager. L’objectif de la Maison de l’Agriculture Urbaine est donc de permettre à plusieurs de ces acteurs complémentaires de travailler sur des projets communs. 

 

On se dit RDV… au potager ?

La jeune entreprise lyonnaise accompagne des structures privées ou publiques – entreprises, petites enfances, maisons de retraite – pour la création, l’animation et l’entretien d’un potager collaboratif au sein de la structure. Chaque potager est unique. En fonction des besoins, la forme des potagers est adaptable : des plus larges pour les petites mains des enfants à ceux surélevés et ergonomiques en maisons de retraite.

Bien que ce soit généralement Géraldine qui démarche des structures potentiellement intéressées, certaines d’entre elles contactent directement RDV au potager pour découvrir son activité. Parmi elles, on note les salariés de la Compagnie Nationale du Rhône en compagnie du Réseau Fève, le réseau qui accompagne ces derniers dans des actions écologiques, sociales et solidaires.

Une fois le premier contact pris, RDV au potager fait une visite du site pour choisir l’emplacement et le type de culture (pleine terre, hors-sol, mix des deux). Ensuite, il recueille les besoins avant de débuter les ateliers collaboratifs avec les salariés. Les clients sont toujours accompagnés dans l’entretien de leur potager, et deviennent de plus en plus autonomes au fil des années.

Aujourd’hui, RDV au potager pilote 15 projets et s’est associé depuis peu avec Aurore Fouchier, une pépiniériste d’arbres fruitiers. À l’avenir, son objectif est alors de cibler un public plus fragile qui n’a pas la possibilité d’avoir ce type d’activités à portée de main. Par exemple, Géraldine aimerait introduire le projet dans des programmes d’éducation thérapeutique. Cependant, RDV au potager doit faire face à quelques freins tels que la pollution des sols et des coûts importants en termes de temps, d’argent et de compétences.

En créant RDV au potager, l’objectif de Géraldine était de donner envie. Bien plus qu’une activité de passe-temps, le jardinage peut également être un métier. Pour se lancer dans ce domaine, Géraldine conseille de mettre les mains dans la terre, s’intéresser et comprendre le vivant et surtout : y aller et ne pas trop se poser de questions !

🎙 Écouter le podcast : Bien-être au travail : Et si vous optiez pour des potagers d’entreprise ? avec Géraldine Walter


Les potagers urbains avec Ma Ville Verte

L’agriculture urbaine ou la nouvelle tendance des citadins qui souhaitent plus de vert dans leur vie, et dans leur ville ! Pour en savoir plus sur ce sujet qui affole la toile, le podcast Le Cercle – coproduit par la startup Ceercle et le média Mu’ethik – interviewe Ma Ville Verte, un acteur phare de l’agriculture urbaine de la Métropole lyonnaise.

Ma Ville Verte a vu le jour en 2015 avec sa fondatrice et dirigeante Anaïs Jeantet. La green entreprise propose une offre de paysagisme urbain innovante : des potagers urbains collectifs. Ces derniers s’adaptent aux contraintes de la ville pour faire du lieu de vie ou de travail, un lieu d’échange et de partage. Aujourd’hui, la mission de Ma Ville Verte est simple : accompagner les citadins dans la transformation du paysage urbain pour une ville plus verte et plus accueillante à travers la conception de potagers collectifs et de fermes urbaines. Ces dernières permettent la production de fruits et légumes en circuit super-court à destination des citadins. Le petit plus : sensibiliser les citadins à la nature et à l’agriculture urbaine.

Nous sommes chaleureusement accueillis à la friche des Girondins dans le 7ème arrondissement de Lyon par Matthieu Arar, Caroline Benito et Yoann Mermoud. De formation ingénieur agronome diplômé de l’Isara Lyon, Matthieu a d’abord travaillé sur l’installation des jeunes agriculteurs à la Chambre d’agriculture du Rhône avant de se spécialiser dans l’agriculture urbaine en développant des jardins potagers à Nice. En 2016, Caroline, paysagiste DPLG, rejoint à son tour le projet après un Master Philosophie spécialisé en éthique environnementale et un diplôme en école de Paysage. Depuis 2020, Yoann Mermoud est le chef de projet de la ferme urbaine.

 

L’agriculture en ville pour reconnecter les citadins à la nature

Les projets d’agriculture urbaine sont nombreux : micro-fermes urbaines, jardins partagés, jardins familiaux, conteneurs sous LED, … Pour chacun d’entre eux, l’enjeu reste le même : reconnecter les espaces ruraux et citadins, et réintégrer la ville dans son environnement. « Aujourd’hui on parle beaucoup de nature dans la ville mais en fait c’est la ville dans la nature » déclare Yoann. En effet, l’agriculture urbaine est une belle avancée mais elle doit compléter, et non pas remplacer, l’agriculture rurale qui sera toujours indispensable pour nourrir les populations. Ces deux types d’agriculture se différencient par leurs surfaces : elle est très limitée en ville car il y a moins d’espace, on parle alors de « micro-ferme ». De plus, l’agriculture urbaine est très peu mécanisée – en termes d’accès et de circulation – contrairement à l’agriculture des champs. Cependant, ces deux types d’agriculture se rapprochent par leur finalité : produire de la nourriture pour les populations, s’occuper du sol de la nature et travailler avec du vivant. « Depuis longtemps j’ai envie de faire ce lien entre les urbains et les agriculteurs, parce-que je trouve cela dommage qu’ils ne se parlent pas », précise Matthieu.

Aujourd’hui, on assiste à une progression de la tendance : de nombreux citoyens et acteurs sont sensibles au bien produire, au bien manger et à la production locale. On remarque de plus en plus une volonté de relocaliser l’alimentation avec le développement des circuits courts et des ventes directes dans les magasins des producteurs. En parallèle, l’agriculture urbaine se développe : de nombreuses structures telles que la Maison de l’Agriculture Urbaine se créent, les médias commencent à en parler abondamment et la demande s’accélère. En effet, de nombreux citadins deviennent bénévoles dans des projets d’agriculture en ville, tandis que d’autres en font leur métier.

Ma Ville Verte au service de la transition écologique

À sa création en 2015, Ma Ville Verte s’est spécialisée dans la conception, la réalisation et l’animation de potagers urbains collectifs. Depuis 3 ans, l’entreprise a développé son offre en devenant également un bureau d’étude et de conseils. La clientèle de Ma Ville Verte est très variée : des entreprises aux écoles et centres sociaux en passant par les bailleurs sociaux. Ma Ville Verte porte un intérêt particulier à la sensibilisation des enfants qui sont les futurs citoyens de demain. Convaincus par la thématique de l’agriculture urbaine ou non, l’enjeu est d’offrir un meilleur cadre de vie à chacun mais aussi de sensibiliser aux questions environnementales, de biodiversité et de nourriture. Du côté de l’entreprise, l’installation d’un potager urbain collectif permet aux salariés de se retrouver, d’échanger et ainsi de favoriser la cohésion de groupe.

À ce jour, Ma Ville Verte a créé une quarantaine de potagers à Lyon et dans le sud de la France dont une douzaine d’entre eux qu’elle continue d’animer régulièrement. Une partie de leur activité consiste à répondre à des offres et appels à projets. Par exemple, Ma Ville Verte a accompagné la Métropole dans son projet « Les Quartiers Fertiles » qui consiste à mettre en place des projets d’agriculture en ville dans des quartiers en renouvellement urbain.

Si Ma Ville Verte travaille avec un écosystème local composé de multiples acteurs avec des compétences complémentaires : petits artisans, producteurs, architectes, constructeurs, promoteurs, collectivités, … les citadins restent le pilier de leurs engagements.

Les perspectives d’avenir de Ma Ville Verte sont :

  • S’orienter vers la formation de leurs clients pour qu’ils deviennent autonomes
  • Agrandir leur micro ferme
  • Créer un escape game dans le potager qui accueillera le public pour profiter du jardin, passer un bon moment tout en apprenant des choses sur des sujets tels que le jardinage écologique ou la biodiversité

 

Envie de se lancer dans l’agriculture urbaine ? Voici les conseils de Ma Ville Verte : se former, rester ouvert et curieux, et multiplier ses expériences. Vous pouvez également les rencontrer directement au sein de leur jardin maraîcher au marché des Girondins – 14 rue Crepet 69007 – chaque mardi à 18h.

🎙Écouter le podcast : Des potagers urbains collectifs au service de la végétalisation de la métropole Lyonnaise avec Ma Ville Verte


La permaculture avec Lucas Blanes

Dans l’épisode #2 du podcast Le Cercle coproduit par la startup Ceercle et le collectif Mu’ethik, nous rencontrons Lucas Blanes, gérant et Chef de projet de deux entreprises spécialisées dans l’agriculture urbaine : Place au Terreau et Le Grand Romanesco. Lucas nous partage ses expériences et conseils pour se lancer dans le secteur.

Diplômé en commerce international à l’Université de Lyon, Lucas a commencé sa vie professionnelle en voyageant partout dans le monde avec ses amis. Véritable globe-trotteur, Lucas a notamment passé du temps à Barcelone et en Amérique centrale où il s’est découvert une passion pour l’agriculture. En effet, il a longtemps fait du volontariat dans des fermes en permaculture ou agroécologie. À ce moment-là son choix était fait : laisser le commerce international derrière lui et se convertir à l’agriculture urbaine. Il a alors enchaîné les emplois et missions dans le domaine afin de monter en compétences « J’ai commencé à expérimenter et à apprendre en faisant », déclare-t-il. À son retour en France en 2016, il suit des formations de permaculture à l’Université Populaire de Permaculture et se lance dans un projet entrepreneurial fou avec ses amis Olivier Menahem et Sarah Richardier en créant l’entreprise Place au Terreau. Leur objectif est de reconnecter les citadins à la nature à travers des initiatives d’agriculture urbaine, en passant du potager d’entreprise aux projets de quartier multi acteurs. En 2018, ils se lancent dans un autre projet et co-créent Le Grand Romanesco, collectif à la croisée du paysagisme et de l’agriculture urbaine.

 

Le point sur l'agriculture urbaine

Pour Lucas, il n’y a pas une agriculture urbaine, mais des agricultures urbaines. En effet, ce secteur d’activité est très varié, il passe des potagers et jardins partagés au compostage. Contrairement à l’agriculture rurale, l’agriculture urbaine n’a pas vocation de nourrir les villes. L’agriculture urbaine a pour objectif de faire prendre conscience aux citadins de la réalité du travail de la terre, du jardinage et du mode de vie des paysans qui vivent de leur exploitation. Les externalités positives de l’agriculture urbaine sont nombreuses :

- « Renaturer » les sols

- Végétaliser les villes

- Améliorer le cadre de vie des citadins

- Sensibiliser et éduquer les citadins sur le jardinage, la saisonnalité, l’alimentation saine, la biodiversité ou encore la gestion des déchets

- Mettre en lumière les problèmes environnementaux tels que le réchauffement climatique

L’agriculture urbaine, bien qu’elle ne soit pas labellisée bio, reste écologique car elle reprend les grands principes de l’agriculture biologique en cultivant sans produits phytosanitaires et en respectant le plus possible le vivant.

D’après Lucas, la souveraineté alimentaire française est un véritable problème et les modèles économique et agricole ne sont pas soutenables. Notre Métropole n’a que 5% d’autonomie alimentaire, c’est-à-dire que 95% de ce que l’on produit est exporté et 95% de ce que l’on consomme est importé. L’agriculture urbaine favorise alors les circuits courts car produire à proximité permet de limiter les coûts de distribution et avoir un meilleur contrôle sur la production. En effet, les normes de production varient d’un pays à l’autre, par exemple la labélisation bio n’est pas la même en Europe qu’en Amérique du Sud ou en Asie. L’enjeu repose alors sur le fait de mieux produire et de soutenir une forme d’agriculture paysanne dévastée au fil des années. Lucas préconise de consommer bio, local, de saison et avec un label certifiant qu’il n’y a pas de produits chimiques. « La prise de conscience s’est faite, maintenant ce qui manque c’est la transformation » puis « il y en a pleins qui le font par des initiatives individuelles mais ce qui manque c’est l’élan et la structuration de tout ça par la puissance publique », affirme Lucas.

À Lyon, Lucas estime que l’agriculture urbaine a de nombreuses opportunités pour se développer. En effet, il y a de nombreuses friches et grandes étendues de pelouse arrosée dont on ne fait absolument rien : tant de problèmes que l’agriculture urbaine peut solutionner. Cependant, cela requiert un investissement de la part des Collectivités et de l’État.

Le rôle de Lucas Blanes dans l’agriculture urbaine

Place au Terreau crée, réalise et entretien des espaces cultivés en entreprise. Des animations autour de différentes thématiques telles que le jardinage sont mises en place avec les salariés. Au fil des opportunités, Place au Terreau s’est diversifiée et s’insère dans le champ large de l’agriculture urbaine. Plus que des potagers, elle anime aujourd’hui des jardins partagés avec des bailleurs sociaux et des copropriétés, elle travaille avec des écoles et des crèches, elle conçoit des jardins en permaculture avec des particuliers, ou plus récemment encore, elle réalise sa première houblonnière urbaine au Novotel Gerland. Le houblon est une liane qui pousse en hauteur et qui offre une couverture végétale sur mur pendant 6 à 7 mois par an pour ensuite être réutilisée pour brasser de la bière.

 

Le Grand Romanesco, lui, regroupe des acteurs lyonnais de l’agriculture urbaine sur des projets de plus grande échelle. Son objectif est de créer des projets d’agriculture urbaine mais surtout de les concrétiser et de les pérenniser dans le temps. Un projet d’agriculture urbaine se construit avec un véritable écosystème d’acteurs pour « aller chercher les bonnes compétences au bon moment », précise Lucas.

En 2018, le Ministère de la Transition Écologique a lancé un appel à projet « Mon projet pour la planète » remporté par Le Grand Romanesco. Il s’est donc installé au 8ème Cèdre, véritable ferme de quartier solidaire pilotée par le bailleur social Lyon Habitat. Pour lancer la machine, Le Grand Romanesco a reçu les subventions de Lyon Habitat et de la Métropole de Lyon. L’enjeu du projet était d’obtenir l’approbation des habitants pour que le maraîcher puisse cultiver directement en-dessous de leurs fenêtres. Le projet a donc intégré les habitants dans sa création en organisant des ateliers et des réunions publiques et en participant à des fêtes de quartier.

Lucas est inspiré par « l’effervescence et l’émulation en ce moment autour de l’agriculture urbaine », elles lui permettent de trouver le sens qu’il voulait mettre dans son travail. L’agriculture urbaine n’a pas d’ambitions démesurées, c’est l’ensemble des petits gestes du quotidien dans une démarche collective qui grignote peu à peu le bitume des villes pour rajouter du vert et reconnecter les citadins à la nature.

 

Ainsi, si vous souhaitez vous lancer dans l’agriculture urbaine, retenez les conseils de Lucas : aller à la pêche aux informations, rencontrer des acteurs du milieu, s’entourer d’un véritable écosystème et toujours rester en cohérence avec ses valeurs.

 

🎙 Écouter le podcast : La permaculture : « Composer avec la nature et pas contre elle » avec Lucas Blanes


L’agriculture urbaine avec Samuel Richer

Amateurs ou professionnels, l’agriculture urbaine rassemble les citoyens dans un mouvement responsable, d’échange et de loisir. Sur le podcast Le Cercle, la startup Ceercle et le collectif Mu’ethik sont partis à la rencontre de Samuel Richer, expert du domaine.

De formation horticole et agronome, Samuel est un véritable passionné de botanique et de végétal depuis plus de 10 ans. Anciennement encadrant maraîcher, il est aujourd’hui coordinateur technique pour l’association Aiden sur des Ateliers Chantiers d’Insertion spécialisés dans le maraîchage, le réemploi et les espaces verts. Il est également conseiller technique en agriculture pour l’association le Booster de Saint-Jean en pilotant le projet de L’îlot Vert. Ce dernier, avec l’aide de la Métropole de Lyon, met à disposition une friche urbaine de 4 000 m2 au cœur du quartier Saint-Jean à Villeurbanne. Le projet a un double objectif : accompagner les demandeurs d’emploi vers une reprise d’activité professionnelle durable et offrir au quartier un nouveau souffle grâce à des espaces d’agriculture locale et de composteurs de bio déchets.

L'agriculture urbaine en quelques mots

L’agriculture urbaine est LE sujet tendance en 2021. Il y a un engagement croissant des citadins pour un monde durable et responsable. Ils sont davantage sensibilisés au compostage, à la consommation locale, ils souhaitent mettre les mains dans la terre et même partager ces valeurs à leurs enfants.

Si l’agriculture urbaine n’a pas la prétention de nourrir les villes entières, elle a plusieurs objectifs :

  • Reconnecter les citadins à la nature
  • Favoriser la fraîcheur de certains plants (salades, aromatiques)
  • Alimenter les villes par des circuits courts
  • Favoriser la biodiversité

L’enjeu est de trouver l’équilibre idéal entre la place utilisée pour la culture, le nombre de personnes impliquées et les bénéficiaires directs. Il faut alors trouver une terre exploitable pour la culture de plantes hors sol, l’amender soi-même et l’enrichir en compost pour qu’elle soit propice à la production.

Pour se lancer dans le secteur « il faut avoir une palette diversifiée qui passe de la production, à l’accompagnement en passant par l’animation », affirme Samuel. Il faut mettre en avant les liens humains, l’aspect pédagogique et nourricier. Au-delà de l’exploitation, l’objectif est aussi (et surtout) de ramener la nature en ville, attirer et sensibiliser les citadins. Samuel met l’accent sur le partage et sur l’échange, notamment par le biais d’ateliers participatifs sur différents thèmes tels que le compostage. Une vraie communauté voit le jour !

Sensibiliser aujourd’hui est une priorité car demain, composter sera une obligation légale à l’horizon 2025 (LOI n°2015-992 du 17/08/2015). De nouveaux métiers verront alors le jour afin de former les citoyens : opérateurs de systèmes, conseillers ou encore animateurs des composteurs de quartier.

Les enjeux de l’agriculture urbaine ne sont pas seulement environnementaux, mais également sociaux en essayant, par exemple, de lever encore plus d’idées reçues : « Le maraîchage n’est ni un métier d’hommes, ni un métier de femmes, c’est un métier tout court » déclare Samuel.

Samuel Richer nous partage son expérience

L’agriculture urbaine est LE sujet tendance en 2021. Il y a un engagement croissant des citadins pour un monde durable et responsable. Ils sont davantage sensibilisés au compostage, à la consommation locale, ils souhaitent mettre les mains dans la terre et même partager ces valeurs à leurs enfants.

Si l’agriculture urbaine n’a pas la prétention de nourrir les villes entières, elle a plusieurs objectifs :

  • Reconnecter les citadins à la nature
  • Favoriser la fraîcheur de certains plants (salades, aromatiques)
  • Alimenter les villes par des circuits courts
  • Favoriser la biodiversité

L’enjeu est de trouver l’équilibre idéal entre la place utilisée pour la culture, le nombre de personnes impliquées et les bénéficiaires directs. Il faut alors trouver une terre exploitable pour la culture de plantes hors sol, l’amender soi-même et l’enrichir en compost pour qu’elle soit propice à la production.

Pour se lancer dans le secteur « il faut avoir une palette diversifiée qui passe de la production, à l’accompagnement en passant par l’animation », affirme Samuel. Il faut mettre en avant les liens humains, l’aspect pédagogique et nourricier. Au-delà de l’exploitation, l’objectif est aussi (et surtout) de ramener la nature en ville, attirer et sensibiliser les citadins. Samuel met l’accent sur le partage et sur l’échange, notamment par le biais d’ateliers participatifs sur différents thèmes tels que le compostage. Une vraie communauté voit le jour !

Sensibiliser aujourd’hui est une priorité car demain, composter sera une obligation légale à l’horizon 2025 (LOI n°2015-992 du 17/08/2015). De nouveaux métiers verront alors le jour afin de former les citoyens : opérateurs de systèmes, conseillers ou encore animateurs des composteurs de quartier.

Les enjeux de l’agriculture urbaine ne sont pas seulement environnementaux, mais également sociaux en essayant, par exemple, de lever encore plus d’idées reçues : « Le maraîchage n’est ni un métier d’hommes, ni un métier de femmes, c’est un métier tout court » déclare Samuel.

Podcast en partenariat avec Muethik. Muethik est un média indépendant qui s’intéresse aux mutations environnementales et sociétales.