En vogue aujourd’hui, la technique du lombricompostage nous vient des pays anglo-saxons et date des années 1950. Ce procédé se caractérise par la digestion des déchets organiques alimentaires par les vers, qui les transforment en engrais de grande qualité pour un jardinage urbain autonome et zéro déchet.

Le lombricompost est un véritable écosystème et son équilibre est conditionné par des règles qu’il faut respecter.

Sommaire :

  1. Qu’est-ce que le lombricompostage ?
  2. Quels sont les atouts d’un lombricomposteur ?
  3. Guide pratique et recommandations

Qu’est-ce que le lombricompostage ?

Par l’effet naturel de bio-oxydation de vos biodéchets par les vers et les micro-organismes, la matière organique se transforme puis se stabilise en nutriments utiles pour les plantes.

Aussi appelé vermicompostage, cette technique fait intervenir les micro-organismes (bactéries) qu’on trouve naturellement dans le simple compost. Ceux-là digèrent une bonne partie des biodéchets puis s’endorment. C’est là que les lombrics entrent en scène pour terminer le travail. Invertébrés, ils se glissent partout et ingèrent l’eau, la terre et les bactéries qui lui permettront de produire des déjections à haute valeur ajoutée.

Une fois transformé, le lombricompost amende la terre, c’est-à-dire qu’il améliore les propriétés physiques d’un sol.

Disposé en surface ou mélangé au terreau, cette matière riche en humus apporte de façon progressive et continue les bons nutriments pour le développement de vos végétaux. Cet humus, autrement dit la matière organique issue de la décomposition des végétaux, permet d’entretenir durablement la qualité de votre terre. Qui plus est, le lombricompost facilite la pénétration ainsi que la rétention de l’eau dans le sol tout en l’aérant.

Les atouts du lombricompost :

  • Sans odeur :  les vers aèrent la terre et leurs déjections suppriment les effluves désagréables de décomposition
  • Facile à utiliser : il est auto-entretenu et s’adapte facilement à toutes les saisons (alors que le compost classique est plus lent en hiver et odorant en été). Inutile aussi de l’humidifier et de le retourner, les vers font tout le travail ! Qui plus est, ils travaillent à froid 24h/24 et gardent le lombricompost à une température stable permettant de réduire les risques bactériologiques et les maladies car ils mangent près de leur propre poids par jour.
  • Un lombricompost plus riche qu’un compost classique. Sa digestion par un animal lui permet d’être stable et facilement assimilable par les plantes. Le compost classique est issu d’un procédé de fermentation et sa composition est donc moins stable. En somme, le compost classique serait 7 fois moins riche qu’un lombricompost.
  • La production de thé de compost : la récupération de l’eau usée filtrée par le lombricompost mélangée au jus issu de la dégradation des déchets permet l’utilisation d’un engrais liquide gratuit et hyper qualitatif pour vos plantes. Riche en nutriments, il peut être très concentré et dans ce cas il faut même le diluer.

Guide utile du lombricompostage

#1 Quels vers choisir ?

Attention un ver de compost n’est pas un ver de terre ! Un ver de compost ou ver épigé travaille dans les 20 premiers centimètres du sol tandis que les vers de terre travaillent plus en profondeur.

Privilégiez alors les espèces telles que le ver rouge de Californie ou encore le ver de fumier.

#2 Quels biodéchets mettre dans votre lombricompost ?

De la matière organique (⅔) et de la matière sèche (⅓).

  • En effet, la matière sèche comme le carton brun constitue un apport carboné et permet de donner une consistance granuleuse et facile d’utilisation à votre humus.

Papiers, cartons, boîte à œufs, carton de pizza humidifié, rouleau de papier toilette ou d’essuie tout vide, essuie tout et serviette en papier, papier journal coupé en petits morceaux*, sciure de feuillus (évitez le Chêne et le Châtaigner)

  • Pour ce qui est de la matière organique, vos épluchures sont toutes adaptées à cet usage. Attention toutefois aux déchets d’ail et d’oignon qu’il faut composter avec parcimonie car ils sont agressifs pour les vers. N’oubliez pas le marc de café ! Pour économiser vos vers, n’hésitez pas à couper vos épluchures au préalable.

Les erreurs à éviter avec le lombricompost :

L’ennemi juré : le papier glacé ! Si la présence d’encre sur le papier est tolérée par les vers, il faut éviter à tout prix les papiers glacés et fortement imprimés.

Le déséquilibre du buffet :  il est important de respecter un équilibre entre l’apport de matières riches en azote (matières fraîches) et les matières riches en carbone (matières sèches comme le papier). Le mieux est ainsi d’entretenir un équilibre 2/3 de matières fraîches, 1/3 de matières sèches ! De la même manière il faut se méfier de l’acidité de votre lombricompost, pour la faire baisser il ne faut pas hésiter à rajouter des coquilles d’œufs séchées puis réduite en poudre

Les vers ne nagent pas : si vous trouvez que votre lombricompost s’assèche, ne l’arrosez pas abondement, l’humidité souhaitable est entre 75% et 85% et ce sont vos biodéchets qui font le travail d’humidification. Si vous le trouvez tout de même trop sec, pulvérisez-le seulement.

Il est riche, très riche : le compost issu de votre lombricompost est très riche en nutriments. Si riche, qu’il est proscrit de l’utiliser seul. Il faut impérativement le mélanger à de la terre. Trop humide, mettez-le à sécher avant de le mélanger à de la terre. Il est recommandé de doser son compost savamment.

Pour exemple :

  • Pour la pelouse et le potager : 20Kg pour 50 à 100 m2
  • En plantation d’arbre : 1 à 3 Kg par arbuste selon sa taille
  • En repiquage : 1 à 2 poignées par plant
  • En jardinière : faire un mélange 1/3 de lombricompost et 2/3 de terre
  • En plantation de fruits et légumes (tomate, fraisier, potiron, radis, cornichon, etc.) : directement dans le lombricompost pur

#3 Quand récolter le lombricompost dégradé pour venir amender votre terreau ?

Le lombricompost fonctionne par palier, le premier (celui du dessus) comprend les biodéchets frais, le second en dessous est celui contenant les vers et donc les déchets en cours de digestion. Le 3ème étant celui contenant la matière organique transformée en compost. Il faut le récolter entre 4 à 6 mois la première fois puis vous pouvez le récolter tous les 3 mois car l’écosystème se sera bien mis en place et le rythme de décomposition se sera accéléré.

Bon à savoir :

  • Si des déchets sont mal décomposés (encore frais en apparence ou en morceaux visibles) dans votre compost, n’hésitez pas à les remettre avec les déchets frais sur le dessus de votre lombricompost.
  • On reconnaît un lombricompost mature à sa couleur noire, son aspect grumeleux de terre fraîche et son odeur de sous-bois.

#4 Où placer votre lombricompost ?

En intérieur, dans un endroit non exposé au soleil ou dans une cave, votre lombricompost se plaît dans des températures entre 5 et 30 degrés. A savoir qu’entre 5 et 15 degrés la vie du compost est ralentie, également entre 25 et 30 degrés. Ainsi la meilleure température est comprise entre 15 et 25 degrés. En cas d’extrême chaleur, humidifier le compost en pulvérisant de l’eau pour éviter qu’il ne s’assèche.

En extérieur, placez-le dans un endroit non exposé directement au soleil, cela risquerait de créer trop de différences de température et de perturber l’écosystème interne du lombricompost. En hiver, protéger votre lombricompost du gel en le recouvrant d’une couverture ou avec du polystyrène expansé.

Par ailleurs, protégez-le de la pluie ou vérifiez qu’il est hermétiquement fermé. Attention toutefois à le placer dans un endroit aéré pour favoriser le processus d’aérobie et qu’il ne sente pas mauvais.

Enfin, nos amis les vers, n’aiment pas les bruits et les vibrations il est donc préférable de leur accorder ce calme-là, on leur doit bien ça 😉

#5 L’astuce de Ceercle : créez-vous un pré-composteur

Pour vous éviter de passer par l’étape lombricomposteur à chaque fois que vous produisez des biodéchets, stockez vos déchets la semaine et alimentez votre compost lorsque le récipient est plein.

Lorsque vous produisez des biodéchets, que ce soit des matières sèches ou humides, coupez-les en petits morceaux d’environ 2 cm et réservez – les dans un récipient hermétique pour qu’il n’y ait pas de mauvaises odeurs.

Cette technique a l’avantage de vous faire gagner du temps à chaque fin de préparation en cuisine et surtout de donner à vos vers une nourriture légèrement fanée dans laquelle des micro-organismes se sont déjà développés.

Un festin pour les vers, une solution utile pour toute la famille !